lundi 26 octobre 2020

Digne d'être aimé

 

Dans la mémoire du temps qui dure,
J’étais chasseur de papillons.
Y’avait des violons et des cuivres
Et des envolées de jupons,
Y’avait du sable dans mes chaussures
Et des rêves en colimaçon.
Je voulais en tout cas le suivre,
Ce fil qui marquait l’horizon.

Mais J’avais une frêle armure,
Et d’énormes envies de sucré.
J’avais très peur que cela cesse
Sans pourvoir vraiment l’exprimer.
On ne parlait pas de luxure,
Mais de plaisir emmitouflé,
Quand ces nuits à gerber l’ivresse,
Nous avancions à pas feutrés.

Et dans l’écume, y’avait  des filles
Et des soldats mal équipés,
Y’avait des moments pour y croire
Et des ruelles mal éclairées,
Y’avait aussi des jeux de quilles
Où nous allions nous défouler,
Y’avait aussi des tableaux noirs
Qui nous obligeaient à pleurer.

Alors j’avais envie de fuir,
Et de tout envoyer au diable,
Ce joli monde et ses trésors,
Et ses mensonges grimés en fables.
Et que l’océan se retire
Et qu’on me laisse seul sur le sable,
Brisé d’un rien, laissé pour mort,
Et enfin devenir aimable !


mardi 4 février 2020

J'ai oublié



J’ai oublié tes yeux, j’ai oublié tes seins,
J’ai oublié ta bouche, j’me souviens plus de rien,
A part peut-être qu’un jour, je t’ai dit « mon amour,
Je t’aimerai demain, je t’aimerai toujours. »
Sans doute tu avais ri, sans doute tu n’as rien dit,
Mais ton cœur battait fort, aussi fort que la vie,
Quand t’as posé ma main, pour que je l’sente bien,
Sur ta chemise ouverte à nos jeux clandestins.

J’ai oublié tes gestes, j’ai oublié ta peau,
J’ai oublié ces mots qui nous rendaient si beaux,
Le premier rendez-vous, le premier baiser doux,
Et le regard des autres qui me rendait jaloux.
Pourtant chaque seconde que je passais sans toi,
Je devais te rêver pour que tu n’aies pas froid,
Et pourtant chaque nuit, en attendant la nôtre,
Je ne voulais que toi, je ne voulais rien d’autre.

J’ai oublié de toi jusqu’au son de ta voix,
Oublié ton parfum et oublié ton pas.
J’me souviens plus de rien, j’me souviens plus du tout
De ma main sur ta cuisse, de ton front sur mon cou.
Et pourtant la chanson nous parlait d’aventure,
On était convaincu de cet amour qui dure.
Par cet amour naissant devenu éternel,
T’as initié ma vie et ça je m’en rappelle…

dimanche 1 décembre 2019

Pensée du jour

C'est uniquement dans le partage du verbe aimer que nous sommes pardonnés de nous croire indispensables.

dimanche 6 janvier 2019

Du haut du plongeoir...


Du haut du plongeoir, on pourrait voir la mer.
On ira, si tu veux, par le fer ou par le vent, ramasser des coquillages avec un cœur de gosse.
On peuplera nos rêves de licornes et d’hippocampes, et le clapotis de l’eau ouvrira la porte aux  rimes harmonieuses.
On se souviendra du croisement des chemins, de la brisure des arbres centenaires, du bruit des hélicoptères et des peuples indiens.
Le sourire nous portera, le ventre nous soumettra et la nuit nous apprendra le silence et la voix.
On ira, si tu veux, ou on restera là et le masque des saisons décidera pour nous.
Nous boirons du vin chaud ou du lait de chamelle, nous humerons la terre, nous  toucherons le feu, et sur une valse langoureuse nous déshabillerons l’espace de son éternité.
Nous serons seuls, peuplés de longs désirs, débordés de soupirs et de cendres endormies.
S’il te plait, souris encore,  parle moi de la lune, fais moi la marche du manchot, donne moi le temps de tous nos souvenirs, écris moi des mots tendres…
Tu te souviens du funambule somnambule, du sémaphore à ressort, des sandalettes à roulettes et du marin malin ? Tu te souviens du serpent à sornettes qui traversait la voie lactées en chantant des cantiques en langue vénusienne ?
Pardon….. Je sens ta main qui se serre, ton cœur qui s’exaspère et ton souffle qui raccourcit.
Oui, je sais. Je dis n’importe, mais j’ai peur.
Le plongeoir est olympique et… la piscine est vide…