vendredi 10 février 2017

Frimousse



J’aime bien ta frimousse.

Je sais. On ne se connaît pas, mais on se croise de temps en temps et si un jour je ne devais plus te voir, ça me manquerait.

Ta frimousse est pleine de petites rides. Les rides d’une vie difficile ou, comme tu l’as dit, un jour, d’un parcours compliqué.

Mais tu es là.

Jamais tu ne montres ta douleur.

Toujours tu avances sans espoir impossible.

Jamais tu n’en veux à ceux qui ne t’ont rien fait, et même, tu fais ce qu’il faut pour aider ceux qui, comme toi, sont dans la marge…

Et quand je t’ai sincèrement souhaité la bonne année, il y a quelques semaines, tu as répondu avec un élan d’humour imperceptiblement triste : « Cette année, c’est tout pour nous ».

« Nous »…. Pas « je »…

Nous, les gens qui, un jour, ont raté une marche et ont dévalé l’escalier….

J’aime ta frimousse.

Et tu es une belle personne…

jeudi 1 septembre 2016

Rupture




L’heure était à la rupture, à la contrition figurative, au geste crématoire….
J’avais perdu contre moi-même, sans résistance, sans appel à l’aide, sans ironie.
Un peu plus tard, on me retrouvera errant dans les rues de la vieille ville  comme un singe sur une aire d’autoroute.
Pourtant, la journée avait bien commencé. Le beau s’était levé avec le soleil et la silhouette de la vie semblait de bonne humeur.
Mais c’était jour de grande marée et la lune a tout renversé.
La structure des arbres, le gémissement du vent, le regard et le souffle des chiens.
Pourtant, Dieu que je vous aime.